Vu de chien de D.Bonifacio
Salut, je me nomme Strouppi. J'ai entendu dire que les Français avaient un cœur pour les animaux. Je le croyais aussi, avant. Mon maître m'aimait bien, il était gentil et ma vie agréable. Je me rappelle nos balades, mes petits maîtres jouaient avec moi et ma maîtresse qui chaque jour avec tendresse apportait mon repas. Mon maître partait tous les matins très tôt, mais jamais il n'oubliait une dernière caresse.
Le soir je l'attendais et lui faisait la fête dés que je voyais sa voiture. De temps en temps, il ne partait pas le matin et là nous allions tous ensemble nous promener dans les bois ou à la mer.
Puis un jour, il n'est plus parti le matin de bonne heure. Au début c'était bien et j'étais content car nous pouvions jouer encore plus souvent ensemble dans le jardin. Mais peu à peu il a commencé à changer. Il est devenu râleur et nerveux. Nous ne faisions plus de promenades dans les bois ni à la mer. Mes repas sont devenus moins copieux, malgré la tendresse. Les enfants ne me faisaient plus danser avec au bout des doigts cette bonne chose noire et sucrée qu'ils appelaient chocolat. Mon maître criait souvent pour rien et l'ambiance était moins heureuse. Souvent il était là assis dans le jardin, triste, avec une haleine bizarre. Balbutiant, il disait ne servir à rien et me parlait de choses que je ne comprenais pas. Et moi j'aurais tant voulu pouvoir l'aider. Bientôt j'ai dû aller chercher à manger dans les poubelles du voisinage, mon maître ne prenait plus sa voiture et la famille restait là, cloîtrée dans un silence pour moi sans raison.
Un jour, c'était je crois Noël, des hommes sont venus avec beaucoup de papiers et un grand camion. Ils ont tous crié et moi j'ai grogné de colère. Puis ils sont repartis avec des affaires et des meubles qui étaient, avant, dans la maison. Mon maître criait, sa femme et ses enfants pleuraient. Moi j'avais de la peine, ces hommes ne les aimaient-ils pas?.
Cette nuit, je ne sait pas pourquoi, je n'ai cessé de hurler. Le lendemain des hommes en uniforme sont venus, il y en avait beaucoup, dans tout les sens. Ils ont emporté les corps de mes maîtres dans des voitures blanches. Des flashes crépitaient, tout le monde parlait en même temps et moi j'ai hurlé de douleur et de rage. Des gens m'ont emmené vers une autre maison, dans une cage avec d'autres chiens qui aboyaient sans cesse.
Je n'ai pas vraiment l'impression que les français ont du cœur pour les animaux. Ils m'ont séparé de ma famille, qu'ils n'aimaient certainement pas et tout ça je ne sais pas pourquoi.
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